La méditation (dyana) est l’une des 8 branches du Raja Yoga. Cela signifie qu’elle est aussi importante que la pratique des asanas ( saddhana). Chaque saddhana est une méditation, en ce sens qu’elle suppose d’être absorbé dans la pratique, de ne faire qu’un avec elle. On met de côté les fluctuations du mental et les tiraillement de l’égo pour ne se consacrer qu’à l’enchaînement des postures. La méditation nécessite une intention sans faille, et ce pour ne pas se laisser emporter par le cours des événements, ne pas s’affaisser ou laisser le regard tomber. Dans tout cela, la focalisation du regard sera très importante. Chaque asana est lié à un drishtis, une direction dans laquelle il est impératif de se concentrer ou bien perdre son regard. Pour que la saddhana devienne méditative, il faut qu’elle se fasse sans effort et que les drishtis soient intériorisés. Ce qui peut, nous sommes d’accord prendre plusieurs années, ou plusieurs vies.
Le Yoga apprécie de méditer en tailleur, en lotus ou en demi-lotus. Le lotus verrouille les jambes et les quadriceps (non pas les genoux) font levier pour plaquer les fesses sur le sol. L’intention et la fermeté se portent sur Mula bandha et si possible, Asvini Mudra (geste du cheval, contraction du sphincter anal), le bassin en rétroversion permet de placer correctement les lombaires, libérer les abdominaux et respirer sans forcer, la poitrine et le cœur en expansion. De la sorte, il devient possible d’effectuer de manière correcte et durable les exercices de pranayama qui seront nécessairement abordés. Il conviendra de dompter la respiration et de considérer le lien étroit qu’elle entretient avec le mental.
L’étude de Pranayama aux propriétés relaxantes permettront la détente. Une fois trouver cet équilibre, cette assise qui permettra de réduire la fatigue, le méditant doit apprendre à se détacher et investir le vide (vacuité). Le plus difficile est de prendre de la distance sans relâcher son attention. On peut pour cela, user de certaines techniques de contemplation et de visualisation, ou bien de suggestion semblable à de l’auto-hypnose.
Tratak est une technique yogique consistant à fixer un point sans cligner des yeux. C’est une technique formidable de concentration et de focalisation, à la fois très simple et très compliqué. C’est également un kryia, technique de purification du corps.
Trataka peut être externe, s’il porte sur un objet extérieur telle la flamme d’une bougie, un point quelconque ou un yantra. Une fois maîtrisé, il peut devenir interne et porter sur le troisième œil ou Ajna chakra. La méditation peut être faîte les yeux ouverts, fermés ou à demi-fermés.
Dans un premier temps, le méditant débutant doit intégrer la posture et savoir comment la corriger. C’est là tout l’art d’une bonne assise. Encore une fois, la base est très importante. Rester figé dans cette posture n’est pas accessible à tout(toutes). Elle peut même s’avérer néfaste et contre-productive si l'on tente de la garder trop longtemps en forçant. L’énergie se bloque et des douleurs/tensions apparaissent. La pratique de certains exercices de Kundalini Yoga s’avérera alors bénéfique.
Bien que préférable, tenir un lotus figé n’est pas la seule manière de méditer. Il est possible d’adapter le lotus à l’aide de coussin ou bien de méditer en Baddha Konasana ou Viparita Karani. Ce qui rend la pratique de la méditation accessible à tous-toutes. On peut également méditer debout, comme en Chi-qong, ou bien en marchant. La méditation peut avoir recours au shaking (tremblement de tout le corps), la rapprochant plus de celle d’Osho ou la méditation Kundalini proprement dite.

Meditation: Matin et soir à Fontaine